»Conakry Express »: l’Etat guinéen réquisitionne le train chinois par force…

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Le train « Conakry Express » à l’arrêt depuis plusieurs mois déjà connait un nouveau scandale. Ce vendredi 14 juillet 2017, les représentants des sociétés chinoises China international fund et Sonangol, ont été surpris d’une décision prise par l’Etat guinéen portant sur la réquisition, à compter d’aujourd’hui, de Conakry Express mobilisé à Simbayah, dans la commune de Matoto.

Cette décision serait motivée par un décret qui aurait été signé par le président Alpha Condé le 13 juillet 2017, qui dépossède les sociétés chinoise de la gestion du train.

Selon ce décret, en son article 2, « la société nationale des chemins de fer de Guinée (SNCF), sise au quartier Almamya, commune de Kaloum, Conakry, est chargée jusqu’à nouvel ordre d’assurer l’Administration et la Gestion de tous les équipements et installations du train ».

L’huissier de justice, Me Fodé Mohamed Yansané, qui a porté la porté de la décision a même menacé: « …faute par eux de tenir compte du présent exploit et d’avoir pour lui de tels égards que de droit ils seront contraints par tous les moyens de droit prévus par la loi ».

Un acte qui a déçu plus d’un, au niveau des représentants de China international fund et Sonangol, tant la rupture s’annonce brusque mais ne respecterait pas le pacte d’actionnaires signé le 10 octobre 2009 avec l’Etat guinéen.

Pour des observateurs, cela ressemble bien à des chantages et autres menaces pour contraindre le gestionnaire du train à relancer Conakry Express.

« Lorsque le train est venu, il y a eu un contrat qui lie l’Etat guinéen à la société chinoise. pendant les six ans passés, le train roulait et on faisait le compte-rendu financier à l’Etat. La société ne faisait que carburer et faire l’entretien », confie un cadre de la société chinoise.

En octobre 2016, le directeur de la société nationale des chemins de fer de Guinée, M. Yora, avait reconnu que “le train Conakry Express a été fourni en 2010 au gouvernement guinéen suite à un accord passé entre l’Etat et la société GDC (Guinea Developpement Corporation, NDLR). Le train et ses composantes ont été fournis à un coût de 85.000.000 de dollars dans leur facture commerciale, en plus de ces fournitures il y’a également eu des infrastructures que le partenaire a eu à réaliser et le tout portant sur le coût que je viens de vous indiquer en plus de cela, il y a une assistance technique chinoise pour qualifier le personnel guinéen. Donc c’est tout cela qui forme le contrat avec le partenaire chinois », dit-il.

« Nous avons eu des discussions avec eux que le coût qui a été indiqué par rapport au produit fourni et aux travaux réalisés méritait une certaine diminution. Donc nous avons procédé à ces diminutions et finalement nous nous sommes retrouvés au lieu de 85.000.000 à 45.000.000 de dollars comme coût total. Ce coût a été formalisé avec le partenaire chinois. Nous avons débattu et arrêté le montant comme dette entre la société chinoise et l’Etat guinéen. Et quand nous avons formalisé les dossiers juridiques, on a eu à faire deux accords, l’accord d’investissement et de remboursement ; et l’accord d’assistance technique », ajoute-t-il.

Mais aujourd’hui encore l’Etat aurait demandé de baissé le montant de 45.000.000. Ce que les Chinois refusent d’accepter, car ils ont fait assez de dépenses sur le train.

« Ce n’est pas normal », nous confie-t-on.

 

Lisa Bangoura

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