La problématique de l’emploi en Guinée

Lors du dernier salon  de l’emploi Sade, du 7 au 9 décembre 2011, organisé par le Fojeg (forum des jeunes de guinée), plus de 2500 jeunes diplômés, sans emploi, avaient postulé à la recherche du premier emploi. Au cours de cette rencontre, le président de la république,  le Pr Alpha condé a fait une promesse aux jeunes,  qui est déjà fait d’être  recruter 300 jeunes dans l’administration afin d’occuper des postes de DAF (Directeur administratif et financier) et de  comptable.

Le travail a été  confié à l’AGUIPE (agence guinéenne pour la promotion de l’emploi), organe créé en 1997 pour la mise en œuvre de la de la politique du gouvernement dans les domaines de la promotion de l’emploi et des métiers. Autre misions entre autres enregistrer et diffuser les offres et demandes de l’emploi.

Cette annonce faite  par le  nouvel homme fort du pays intervint  dans un contexte économique caractérisé par un chômage chronique, le sous emploi et l’emploi précaire.  Le pays manquant d’une véritable statistique sur l’emploi, comme le soutien ce  cadre du Ministère du plan,  « nous n’avons pas d’enquête sur l’emploi en Guinée », cette  réalité  annonce des  difficultés  d’avoir des données permettant d’appréhender véritablement ce phénomène  macroéconomique,  dont la réduction constitue une véritable préoccupation  et un défi à relever pour les décideurs  politiques. Pourtant,  la dernière étude  remonte de 2007 appelé ELEP (enquête légère pour l’évaluation de la pauvreté) fait par le Ministère du plan et de la coopération internationale de l’époque. Cette étude effectué sur un échantillon choisi dans la zone de Conakry donne les chiffres ci après : sur un ensemble de population occupé de 74,3%, le taux de sous emploi pour les hommes est de 7,5% et les femmes, 10,5%. Ensuite, sur un ensemble sous emploi de 9, 1%, le taux de chômage des hommes est de 1,7% et celui des femmes 0,9%.

 

Capitalisme incompris

 

Sorti d’un système socialiste après 26 ans, d’où l’Etat était  garant de la formation et de l’emploi de tous les citoyens, et précipitamment entrée dans un système libéraliste prônant la libre entreprise et la propriété privée des moyens de production. Apres  plus de deux décennies, le pays a toujours de mal à s’acclimater à ce capitalisme incompris avec ses cortèges d’équilibres endogène et exogène. L’Etat s’étant désengagé de ses charges,  suite à l’ajustement structurel imposé par les institutions financières internationales dans les années 80, des reformes consistantes en matière d’emploi qui devraientt  passer par des politiques d’emploi, c’est-à-dire  par l’utilisation de l’outil budgétaire (ex les grand travaux), l’outil juridique (autorisation administrative), l’outil fiscal (abattement, baisse de charge), l’outil éducatif (formation adéquate), ont été mal appliqué et ont  complètement passé à coté. A ces constats, s’ajoutent  les manques criards d’infrastructures énergétiques qui, en grande partie constituent un obstacle majeur pour l’implantation des  industries dans les domaines comme les mines, l’agriculture, le transport, la nouvelle technologie et des PME (petites et moyennes entreprises).     

 

 

Formation et Emploi

 

Face à un secteur privé  peu employeur dû au contexte économique difficile, les sociétés de privées de la place exigent comme condition de recrutement généralement 2  à 5 ans d’expérience, chose qui constitue une case tête pour les jeunes à la recherche du premier emploi. N’ayant pas le temps  d’investir dans la formation des employés, plusieurs jeunes restent à la traine dans ce contexte au profit de ceux  expatriés,  venus avec de très bons diplômes, incitant  plutôt les employeurs. « On préfère recruter les jeunes venus des autre pays à notre détriment. Quant tu visite une société aujourd’hui, tu te rends compte que la plupart des employés sont  venus de la sous-région, alors que  nous guinéens, n’avons pas d’emploi. » Cette triste réalité exprimée par un diplômé  au chômage, met en exergue le niveau de compétitivité des universités et des centres de formation  guinéenne sur le marché de l’emploi. Avec une formation peu qualifiée, les écoles guinéennes ont du mal à adapter  leurs formations aux réalités des entreprises. Phénomène dénoncé  par la plupart des entreprises, qui sont d’ailleur obligé d’aller chercher la main d’œuvre qualifiée à l’exterieur. Ainsi, chaque année des milliers de diplômés issues des universités, instituts et centres de formation  professionnelle  sont déversés sur le marché d’emploi sans espoir de trouver le ‘’first job’’.  

 

Les vrais ou faux espoirs :

 

Plus question de  compter sur les 10.000 emplois promis par le Ministre Bantama Sow le 23 septembre 2011,  à  l’occasion de l’activité de lancement officiel de ‘’la jeunesse responsable’’ au palais du peuple « Je suis en train de travailler sur un projet qu’on appelle ‘Les jeunes Guinéens au travail’. D’ici décembre, je vais donner du travail à dix milles jeunes à Conakry », promettait-il. Depuis  l’investiture du Pr Alpha Condé, d’énormes mesures ont été  annoncées, sans que   les effets escomptés  ne soient vu  par   des milliers de jeunes, qui continuent à attendre à la porte de l’emploi. Après  quelques mois de sa présidence, un fond de solidarité des femmes et des femmes d’une hauteur de 30 milliards, qui a été  plus tard augmenté, vient d’être mis  au compte de l’agence nationale des micros-finances. Ceci pour favoriser l’emploi des jeunes et  des femmes.

 

La relance des barrages hydroélectriques de Kaleta (526milliards $) et de Foumi pour faciliter l’industrialisation,   afin  d’absorber la grande main d’œuvre chômeuse. Les grands chantiers d’infrastructures routières, ferroviaires et portuaires sont à mesure d’être amorcés a promis le gouvernement. L’implantation des multinationales dans le secteur minier et la révision du code minier en cours. La campagne agricole soutenue et financer par le gouvernement face à une population à 70% pratiquant l’agriculture.  Ainsi, se présente tant de projets qu’autorités et citoyens Guinéens attendent la réalisation pour enfin chasser le cauchemar du chômage. Tant d’espoirs créés par le gouvernement.

 

 

AGUIPE

 

Autorisé par le gouvernement à assurer le  recrutement des 300 jeunes dans l’administration, promesse du  Président,  cette  tache permettra l’agence de présenter des statistiques par rapport à l’effectif postulant. Ainsi, ces informations nous permettront  de faire une lecture du comportement des chercheurs  d’emploi à partir de ce cas pratique. Entre le 9 et la 16 décembre 2011,  l’AGUIPE  reçoit  1309 dossiers de candidature dont 18, 8% de femmes. Ainsi, trois catégories de candidats vont être  identifiées : 68,5% des demandeurs répondent exactement au critère. 29,0% des chercheurs d’empois ne répondent pas aux critères. 2,5% des candidats supposent être sous employés. Ensuite, une étude faite par l’agence au cours de cette opération a permis de classer les chômeur par tranche  d’âges.

 

 

Interview

 

Ministre de l’Industrie et des PME, Hadja  Ramatoulaye Bah : « Une zone industrielle de 400 ha entièrement viabilisée dans la région de Conakry »

 

 

Guinée économie : Quel rôle joue votre département ministériel  dans la création de l’emploi en Guinée.

 

 

Hadja Ramatoulaye Bah : Merci pour m’avoir posé  une question aussi pertinente. Tout tabors, je devrais dire que le Ministère de l’industrie et des PME (Petite et Moyenne Entreprise)  ne peut pas travailler de manière isolé, sans collaborer très étroitement avec d’autres Ministères. Notamment,  les Ministères de la jeunesse et de l’emploi jeune, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur. Pourquoi ? Parce que, nous vivons actuellement une période où  il y a un engouement pour la Guinée de la part des investisseurs étrangers. Cela, à  cause du changement prôné par le Gouvernement. Donc les investisseurs qui arrivent, ont besoin des compétences bien spécifiques dans les différents secteurs  de l’Economie.

 

 

La Guinée n’a pas suffisamment de professionnels dans les différents  secteurs. Si je prends le secteur minier, il faut de l’expertise. Quand on prend les professions courantes comme la plomberie, l’électricité, les entretiens techniques ou l’électronique…, il faut que la nouvelle force ouvrière puisse répondre  de manière adéquate au besoin des nouveaux investisseurs. Pour cela, il faudrait qu’ensemble, tous ces Ministères (cité plus hauts) conjuguent leurs efforts avec le Ministère de l’Industrie et des PME pour faire en sorte que nous puissions mettre sur le marché  du personnel hautement qualifié.

 

 

 Il y plusieurs façons de créer  traditionnellement  d’avantage d’Ecoles professionnelles et de former des jeunes qui sont frappés par le chômage. Je pense qu’on peut suivre plusieurs approches pour réaliser ces objectifs. L’une des approches, c’est de resserrer le partenariat entre le secteur public et le secteur privée ;  notamment le secteur Minier, ou ensemble nous pouvons identifier les besoins dans les différant métier de ce secteur.  Quand je prends par exemple n’Zérékoré (chef lieu de la Guinée forestière) plusieurs petites entreprises sont entrain de clore et certains sont entrain de disparaitre par manque de ressources financières  pour leurs extensions ou pour renforcer leur compétence technique à fin de pouvoir répondre au nouveau besoin  du secteur minier dans la Zone.

 

Comme vous le savez, les six  compagnies minières  présentes en Guinée importent les services et la main d’œuvres,  on voudrait mètre fin à cela. Créer les emplois localement, c’est encourager les entreprises locales et étrangères à créer  des industries qui pourraient mètre au travail des milliers de personnes. Cela est impératif. Nous sommes face à un problème qui nous empêche de réaliser nos projets, c’est le problème énergétique.

 

 

Quelles sont les moyens d’incitation que vous avez pour amener les entreprises étrangères à s’implanter ?

 

 

Depuis  2011, nous avons commencez à entreprendre des reformes dans plusieurs domaines pour justement encourager les investisseurs, qu’ils soient nationaux internationaux.  Nous  avons créé le guichet unique qui raccourci le temps de création d’une entreprise.  En plus, nous continuons pour cette année les reformes,   en révisant le code des investissements pour voir,  comment nous pourront d’avantage inciter l’investissement dans le pays.

 

 

Nous somme entrain de mettre sur place une lettre de politique de PME, pour mieux cibler les secteurs qui ont plus de potentiels pour la création de micro PME et surtout  dans les  secteurs qui permettrons au Gouvernement d’encourager le secteur informel à faire une émigration vers le secteur formel. Nous allons mettre de nouvelles politiques en matière d’exonération des droits de  douane pour certains produits stratégiques pour le pays.

 

 

Parlons de l’APIP (agence de promotion des investissements privés)

 

En  2011 grâce à la détermination du Ministère des Finances,   de la Justice et notre Ministère, le tout encouragé par  le Premier Ministre et le Président  de la République, nous avons pu nous entendre, pour la mise en place du guichet unique. Maintenant vous-avez un certain nombre de service rattachés dont : le service des impôts, ce lui de la Douane, la Justice par  le bureau du greffier en chef qui délivre le nif, l’Habitat, la CNSS, l’AGUIPE…

 

Un autre rôle de l’APIP, c’est permettre  de  travailler  avec le secteur privé et développer des filières  comme celles des : Fruit et légume, coton, ciment, ainsi de suite. C’est au aussi un moyen de parler des  opportunités d’investissement, des potentialités et des contacts, tout une suite d’informations fiables permettant aux investisseurs  d’implanter leur  unité.

 

L’APIP Guinée est l’une des agences les plus performantes de la sous-région.

 

 

Quelles sont les obstacles pour l’implantation des entreprises dans notre pays ?

 

 

C‘est l’énergie qui constitue le véritable problème. Nous sommes entrain de  voir comment palier aux problèmes d’énergie à court terme.  Nous aimerions, dans un bref délai,  construire le plus rapidement que possible une zone industrielle mixte. Une dans  la région de Conakry qui servira la  capitale. Cette  zone occupera  une superficie de 400 ha et sera entièrement viabilisée avec tout ce qu’il faut.  Il  y aura une source d’énergie qui sera partagée par tous les investisseurs qui seront dans  la zone. L’objectif,  c’est de faire une économie d’échelle  et réduire le prix  de revient des différents produits.

 

 

Si le Ministère à les moins de sa politique, pourra-t-il faciliter l’absorption d’un  grand nombre de chômeur ?

 

 

Absolument. Comme je l’ai dit, il y a deux grandes possibilités : la collaboration entre le ministère de l’industrie,  les Ministères de l’éducation et  les Miniers. Mètre  sur le marché un personnel mieux qualifié qui puisse répondre aux besoins du nouveau  marché guinéen. Cela  va nous permettre de créer  beaucoup d’emplois. Si nous développons des PME à travers tous le pays. Pas seulement dans les zones minières, nous pourrons créer des milliers  d’emplois.

 

 

Deuxièmes, c’est   de créer  des zones industrielles régionales. On  a quatre régions et chaque région est spécialisée pour un certain nombre de produits. Donc il faut profiter de cet avantage comparatif, c’est ce que nous voulons faire.

 

 

 Cette  année  sera pour notre Gouvernement, l’année de croisière, nous mettrons  en place toutes les reformes nécessaires pour la croissance économique afin de  multiplier les usines à travers tout le pays.

 

Propos recueillis par Ahmed Tidiane Sylla

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