Plainte contre Mediaguinee: l’ambassade de France à Conakry chercherait-elle son agneau du sacrifice ?

Dans l’affaire des conditions d’octroi des visas qui fait les choux gras de la presse ces derniers jours, l’ambassade de France en Guinée a décidé finalement de porter plainte. Selon nos informations et des conversations que nous avons eues avec différentes personnes, une convocation de la… gendarmerie doit être servie à Mediaguinee, votre site d’informations générales, qui se retrouve curieusement « seul » interpellé dans cette affaire bancale. Qu’importe ! Médiaguinée devrait donc être entendu, non pas pour ce qu’il a écrit mais pour avoir relayé l’opinion d’un citoyen, de surcroît un journaliste, qui s’érigeait contre la procédure de délivrance des visas en Guinée.

Ce dernier est coupable, aux yeux de l’ambassade de France de s’en être pris à Corinne Imbert, consule adjointe de l’ambassade. D’après nos informations, le plaignant a aussi estimé que la publication incriminée et dont votre organe s’est fait l’écho est une attaque personnelle dirigée contre une diplomate française. Sacrilège !

Cette démarche aurait un sens si aussi bien dans la forme que dans le fond, elle ne violait pas les principes de la Constitution guinéenne, consacrant la liberté d’expression, mais également la loi guinéenne qui encadre la presse. Si l’ambassade de France cherchait à nous intimider, elle ne s’y prendrait pas autrement. Quelle ambassade qui se retrouverait sous les fourches caudines de la critique du Figaro, du journal Le Monde ou de Médiapart oserait porter plainte en France sans friser le ridicule ?

Venons-en aux faits. Tout est parti d’une publication sur la toile d’un journaliste que Mediaguinée a simplement repris au compte de sa rubrique ‘’Sur la Toile’’ (avec la mention claire indiquant que la publication ne reflète pas l’opinion de la rédaction de Médiaguinée). Ceux qui lisent régulièrement votre organe de presse préféré savent que c’est une rubrique qui recense les textes et commentaires qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Après la diffusion de l’article, Jean François Robert, fonctionnaire de l’ambassade de France, va d’ailleurs nous signaler que la photo publiée n’était pas celle de Corinne Imbert, erreur que nous avons très vite corrigée. Mieux, nous avons publié, par souci d’équilibre, le communiqué de l’Ambassade qui dément formellement le post du journaliste auteur des critiques. Alors que nous pensions naïvement que le débat était clos, nous constatons avec surprise que l’ambassade semble vouloir revenir à la charge avec une démarche qui nous oblige à répondre à la gendarmerie, comme si la Haute autorité de la communication (HAC) n’existait pas.

Qu’à cela ne tienne, mais en attendant, nous tenons à être fermes par rapport à notre démarche de journaliste. Médiaguinée n’acceptera jamais une quelconque forme de dictature intellectuelle, qu’elle soit frontale, larvée ou sournoise. Nous ne sommes ni des cerfs (en bois), ni des serfs de l’ambassade de France, encore moins des chaperons rouges. De ce point de vue, vouloir se servir de Médiaguinée comme d’un agneau du sacrifice est peine perdue.

 

La Rédaction de Mediaguinee

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