Siaka Kouyaté n’est plus : voici la dernière chronique du maître !

C’était le 16 septembre dernier. Siaka Kouyaté signait sa dernière chronique sur guinee7.com. Sa chronique, devenue bréviaire pour de nombreux lecteurs étaient repris par de nombreux médias guinéens et étrangers. Il l’a arrêtée parce qu’il commençait déjà à subir les effets de la maladie qui, hélas a eu raison de lui ce 27 janvier. En attendant de faire un témoignage sur Siaka le Maitre, nous vous reproduisons sa dernière chronique.

 

« On s’y attendait plus ou moins, on n’ignorait que l’instant précis auquel il serait servi. C’est maintenant, chose faite : l’opposition appelle aux manifestations de rue, dès ce jeudi, 19 septembre 2013. Raison invoquée, des choses seraient faites par la CENI, autrement que prévues. Conclusion, le gouvernement veut organiser la fraude électorale. La cause est grave et comme telle, mérite considération et obligatoirement, d’être entendue. Dans la forme et le fond.

Dans la forme, ainsi qu’il sied dans une démocratie, celle-là même que nous propose l’opposition, idéal partagé d’ailleurs par la mouvance, n’y a-t-il que cette forme de revendication ? Les partis engagés dans ces consultations électorales ne prévoyaient-ils pas d’autres formes de règlements des divergences ? Dans la formulation des griefs, pourquoi si facilement assimile-t-on toujours la CENI au gouvernement ? Pourquoi, ne pas présenter ses griefs aux nombreux organes mis en place par toutes les parties concernées à ces joutes ?

Sur le fond, on peut examiner la cause, même du seul point  de la raison. Il y a une réalité certaine et parfaitement avouable : la majorité présidentielle veut la majorité parlementaire. Ce désir, naturel dans sa formulation, est aussi si évidente, qu’elle est partagée par l’opposition qui, de façon non moins légitime, veut la même majorité législative. Chacune des parties a une ambition pour ce pays. Examinons les prétentions en toute objectivité.

La majorité présidentielle, pour appliquer sa politique pour laquelle elle a remporté la présidentielle, a besoin d’un Parlement de bonne foi. En l’obtenant, elle est sure de mettre en œuvre sa politique dont le bilan lui est opposable en fin de mandat.

A contrario, si l’opposition est majoritaire au Parlement, il est certain que la cohabitation sera pour le moins, agitée. Même si on lui accordait une certaine présomption de patriotisme, le bilan de fin de mandat présidentiel sera quelque peu affecté par une certaine contingence qui en diluerait la responsabilité, l’imputation. Cette appréhension n’est hélas, pas une vue de l’esprit. La cohabitation est redoutée même dans les démocraties avancées. Ceci, naturellement, n’est pas un motif suffisant pour laisser passer sans réaction quel que tripatouillage que ce soit au profit du gouvernement. De même, n’est-il pas une raison de cultiver une susceptibilité à fleur de peau, qui mette à l’eau tous les efforts de paix aussi bien de la communauté nationale que de l’internationale.

A moins de dix jours du scrutin, l’appel à la rue est disproportionné et inapproprié. Les gesticulations de dernière minute doivent avoir l’élégance comme marque. ET si c’est un bluff, il est d’un goût douteux. Même si on n’aime pas l’opposition, on ne peut  lui dénier un minimum de bon sens, celui qui lui fera décommander une marche qui a toute l’allure d’une course…à reculons. »

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